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La cité Frugès-Le Corbusier, œuvre d’art-chitecture urbaine

En juillet 2016, l’œuvre architecturale de Le Corbusier est finalement inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Parmi les 17 sites répertoriés et signés d’une même empreinte moderne, la Cité Frugès de Pessac, construite dans les années 20. C’est une architecture intemporelle, une révolution urbanistique, un nouvel art de vivre et la naissance d’un grand nom de l’histoire de l’art.

 

La Cité porte aujourd’hui le nom de son commanditaire, Henri Frugès, et de son bâtisseur. En 1924, l’industriel sucrier girondin invite d’abord Le Corbusier à de premières expérimentations à Lège, en Gironde, pour une petite cité ouvrière. Deux ans plus tard, avec l’aide de son cousin architecte Pierre Jeanneret, la Cité corbuséenne est finalement née à Pessac, ville bourgeoise, sur une vaste clairière à proximité de la voie ferrée. Cinquante et une maisons accueillent leurs heureux propriétaires, simples ouvriers de l’usine Frugès.

 

L’homme d’affaires érudit a laissé parler le « jeune » architecte aux théories avant-gardistes sur le « comment habiter ensemble ». Les deux hommes sont d’accord sur l’idée de standardisation pour une habitation accessible, facile et confortable. A 37 ans, Charles-Édouard Jeanneret-gris, suisse d’origine, tout juste installé à Paris, a alors carte blanche pour développer ses thèses jusqu’alors explicitées dans son ouvrage « Vers une architecture » (1923). Le futur Corbusier ouvre son laboratoire. Il enterre la maison traditionnelle pour créer ici une cité-jardin, modèle innovant d’habitat social, d’habitation pour tous, reproductible par le biais de l’industrialisation.

 

Comment ? Une structuration claire autour de la poutre et le pilotis, des plans similaires pour différents îlots habitables, un matériau bon marché et solide : le ciment armé.

 

Pour la composition des plans, l’inspiration vient des cités-jardins à l’anglaise. Cinq maisons-types, fondées sur le même modèle de lignes pures, de cinq mètres de côté, apparaissent dans leur intimité géométrique autour des espaces verts.

 

Les « Gratte-ciel » sont les plus hauts, deux maisons dos à dos. La maison-témoin acquise par la ville de Pessac en est une, au numéro 4. A leurs côtés, la bande des « Arcades » liées, les « Jumelles » ne se regardent pas, puis les « Zig-zag » et les « Quinconces ». A l’intérieur, salubrité, espaces généreux, fonctionnalité, nouveau système de chauffage.

 

D’un point de vue esthétique, les murs du quartier moderne devaient être blancs comme l’est une maison, comme l’est le sucre. Le Corbusier, soutenu par Frugès, en a peint certains pour « apporter l’espace ». La polychromie en trois couleurs poétiques. Autour du blanc, le terre de sienne brûlée pure, le vert anglais pâle confondu au feuillage des jardins, le bleu outremer clair. Les fenêtres horizontales et les toits-terrasses offrent un panorama sur la Cité et ses jardins.

 

Par leur coopération, Frugès et le Corbusier ont su allier art et progrès social pour donner un exemple d’urbanisation moderne, destiné à l’universalité.

 


Cité Frugès-Le Corbusier, 4 rue le corbusier, Pessac
Visuel : Grâce au Corbusier, la façade vert anglais pâle se camoufle entre les feuillages de la Cité Jardin. ©Nicolas Ernult