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Le front de libération bordeluche : qui sont-ils, que nous veulent-ils ?

14 000 fans au compteur sur Facebook, plus de 5000 followers sur twitter,  “le Front de Liberation Bordeluche face au parisianisme” fait un carton sur les réseaux sociaux. Et pour cause, ce gorafi à la sauce bordelaise parodie l’actualité de la ville avec un humour décapant, comme en atteste leur dernier édito en date qui se paye la Halle Boca….

Le concept se veut inspiré du Time Out Market à Lisbonne. Si vous habitez en banlieue ouest de Bordeaux et que vous n’êtes pas écolo, on vous conseillera plutôt de prendre un EasyJet à Mérignac vers le Portugal, vous serez plus vite arrivés à destination […]”. Certes se moquer du tout jeune foodcourt du quartier Euratlantique, s’apparente à tirer à la mitraillette sur une ambulance à l’arrêt. Mais quand c’est le Front de Liberation Bordeluche qui s’en charge, avec la belle plume et la drôlerie qui caractérisent leurs posts, on ne peut qu’applaudir. Et ricaner doucement, un jeudi matin, en découvrant nos fils d’actualités.

Des Vcub à TBM en passant par le trafic routier, le mauvais temps ou encore le parisianisme qui met à mal l’identité bordelaise (leur fond de commerce)… Tout passe au crible de Vincent et Vincent, créateurs de la page en 2017. ” Nous avons eu envie de prendre la parole après la diffusion d’une carte de vœux de la Mairie bordelaise, sur laquelle la place de la Bourse devenait la tour Eiffel, et le tram, un TGV“, se rappelle Vincent. “Les contours de la ville étaient en train de se modifier sans que le sujet ne trouve un véritable écho dans les médias locaux“.

Le Bordeluche, sacrifié sur l’autel de l’attractivité économique

C’est ainsi que ces deux homonymes aquitains, respectivement avocat et urbaniste, décident de s’emparer de ces thématiques, via le prisme fédérateur de l’humour. Et ils en ont à revendre, de l’humour. C’est sans doute pour cette raison que leurs punchlines décapantes, en référence aux parisiens déboulant en force dans leur cité et aux conséquences de ce flux migratoire, ne déclenchent pas l’ire de leurs concitoyens.

Car outre le talent humoristique qu’ils mettent au service “du petit peuple bordeluche” – comprenez “Les Nicoles des Capus'” -, ces deux trentenaires unis par leur passion pour les questions patrimoniales, ont à cœur de défendre “le vivre ensemble”.

Ils le prouvent, 2 fois par semaines en moyenne, sur leur page facebook et quasi quotidiennement, sur twitter, en tapant autant sur les voisins du Jardin public que sur les riverains des Capucins. Tout le monde en prend pour son grade, c’est le jeu.

A grand renfort d’un vocable régional, que seuls les bordeluches éclairés comprendront, il mettent en exergue les identités multiples qui façonnent la capitale girondine. Et, bien que contestataires à l’idée “d’une mixité qu’on lisse vers le haut“, ces purs produits de la générations Y, politisés, sans toutefois être encartés, réussissent le pari gagnant de titiller la municipalité, sans engendrer d’hostilité chez les intéressés. Le magie de l’humour sans doute.


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Loraine Dion