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Un retraité girondin a traversé l’Atlantique à bord d’un tonneau

En voilier, à la nage, à la rame  en planche à voile, et même en cerf-volant, les marins ont su dompter les flots pour rejoindre l’Amérique. Mais personne n’avait alors tenté l’aventure en… tonneau. Voilà chose faites ! Après un départ des Iles Canaries, et 122 jours et neuf heures de voyages, Jean-Jacques Savin, Aresien de 72 ans, est arrivé, ce 28 avril, dans la mer des Caraïbes.  Nous l’avions interviewé avant son départ. 

Traverser l’Atlantique à bord d’un tonneau. Le projet pouvait prêter à sourir, mais l’ancien militaire qui en est l’initiateur était on ne peut plus sérieux. “L’idée me trotte dans la tête depuis que j’ai lu dans l’ouvrage d’Alain Bombard, l’affirmation selon laquelle une barrique mise à l’eau au large des Canaries, mettrait trois mois pour arriver aux Caraïbes” expliquait Jean-Jaques Savin, en juin dernier, lorsque nous avions échangé. Cette idée l’obsédait alors depuis près de 40 ans.

La vie est une aventure

Pour cause, du haut de ses 72 printemps, cet ancien parachutiste aime à se présenter comme un aventurier des temps modernes. Après une carrière dans l’armée, il a tour à tour été chercheur d’or en Afrique, pilote privé, conservateur d’un parc national, trouvant même le temps de passer 7 années à bord d’un voilier pour un tour du monde. “Une véritable passion depuis que je suis petit”, confiait-il.

Avant son départ, loin de couler une retraite paisible, il partageait son temps entre la préparation de ses périples annuels (l’ascension du Mont blanc l’an dernier, par exemple) et l’entretien de sa forme, via une pratique assidue du triathlon notamment , “chaque année à l’occasion de la fête de l’huître le 12 août, je traverse le bassin à la nage“, nous racontait-il.

Fort de sa bonne condition physique, il s’est mis à l’eau de de l’île d’El Hierro dans les Canaries, le 26 décembre dernier, en espérant rejoindre 3 mois plus tard une zone située entre la Guadeloupe et la Barbade.

Un projet bien ficelé

Si son point d’accostage n’était pas vraiment défini c’est parce que le tonneau, à bord duquel le marin a traversé l’océan, ne contenait aucun outil de propulsion. “J’ai tout de même des balises de détresse, et des moyens de communication qui me permettront de raconter mon périple via les réseaux sociaux” précisait-il avant son départ.

Très concrètement, cette embarcation portée par le vent et les courants, s’étend sur 3 mètres de long, et 2,10 de hauteur. L’espace a été optimisé au mieux pour abriter le nécessaire, à savoir une couchette, une table et un siège.

Une expédition scientifique

Pour conférer à sa traversée une dimension scientifique, Jean-Jacques Savin s’est mis en lien avec différents laboratoires de recherche de Gironde. L’équipe de cardiologie d’Arès et l’université de psychologie de Bordeaux ont répondu présents à cet appel, décelant dans ce voyage une opportunité unique de pouvoir analyser l’Être humain dans ces conditions si singulières.

Après des essais concluants, le tonneau de Jean-Jacques Savin s’est élancé le 26 décembre dernier, dans une aventure suivie par plus de 20 000 fans sur sa page facebook

Traversée réussie

“Après 122 jours et neuf heures, le méridien me positionne dans la mer des Caraïbes. La traversée est terminée. Merci à tous. J’ai traversé le méridien qui me positionne en mer des Caraïbes à 20h, heure française…”, annonçait-il triomphant, sur cette même page, ce dimanche 28 avril.  Opération réussie donc. Bravo à lui !