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Secret d’Histoire : les dessous de la Base sous-marine

D’un soleil à l’autre

La Base sous-marine est aujourd’hui un lieu d’exposition et d’événements décalés, prisé du public bordelais. Pourtant, derrière ses murs imposants et son architecture intrigante, se cache une sombre part de notre Histoire. Hubert, historien de formation, a retracé pour nous les secrets de la Base sous-marine. Ses visites thématiques de Bordeaux originales et passionnantes proposent de partir à la découverte de notre métropole.

 

En 1940,  lorsque la France est occupée par l’Allemagne, Bordeaux est alors le 4e port français. La ville a tissé des liens dans le monde entier, (Antibes, Maroc, Madagascar, Amérique Latine) en tant que ville stratégique. Pour l’Allemagne, c’est une cité essentielle dans sa tactique militaire dans l’océan Atlantique contre l’Angleterre. Dès 1940, Bordeaux va être choisie pour accueillir une base sous-marine italienne appelée Betasom. 27 sous-marins et 3000 soldats italiens s’installent alors dans cette Base, qui n’est pas le bâtiment actuel. Cette zone va faire l’objet, dès octobre 1940 de bombardements de l’armée anglaise, puis, plus tard des américains. Les sous-marins italiens se révéleront peu efficaces, car construits pour un usage en Méditerranée, et non dans l’Océan. En 1943, il n’en reste plus que 6 sur les 27 établis.

 

Dès septembre 1941, les Allemands décident de construire une vraie base sous-marine à Bordeaux, qui est le bâtiment que l’on connaît aujourd’hui. Plusieurs autres, similaires, seront érigées en France, à Brest, Lorient, Saint-Nazaire et la Palisse à la Rochelle. Celle qui nous concerne sera édifiée de septembre 1941 à mai 1943. De 235 mètres de long et 170 mètres de large, elle sera installée sur le bassin à flots numéro 3.

 

Une construction réalisée par des prisonniers de guerre espagnols

6500 ouvriers vont travailler à sa construction, en partie des ouvriers français. Mais ce sont principalement des prisonniers de guerre et des réfugiés espagnols qui ont fui la dictature de Franco après l’échec de la guerre d’Espagne en 1939 qui s’attèleront à son chantier. Ils sont alors retenus prisonniers à la caserne Niel, et prennent tous les matins le bateau pour se rendre à la future Base. La légende veut que ces ouvriers espagnols aient été enterrés vivants coulés dans le béton, mais personne ne saura jamais s’ils sont aujourd’hui entre les murs de l’imposant bâtiment.

 

A l’époque, la Base comportait 11 alvéoles destinée à protéger les sous-marins, avec des portes blindées, une zone technique à l’arrière, le tout entouré de canons, de fossés anti-chars… Si le lieu s’étend sur 43 000 m2, il aura fallu utiliser 600 000 m3 de béton pour la concrétiser. Des sous-marins ravitailleurs y seront stationnés, pour réaliser des échanges entre l’Allemagne et le Japon, où l’on apporte en Extrême-Orient des canons et des munitions, et l’on récupère en retour du caoutchouc, ou encore de l’étain.

 

Sur ces 43 sous-marins allemands, 36 seront coulés à la fin de la guerre, et 1800 soldats périront en mer. Fin aout 1944, lorsque l’armée allemande quitte les lieux, les derniers appareils partiront aussi pour échapper à la résistance française, en direction de la Norvège et en Indonésie.

20 ans après, la Base revient sur le devant de la scène

Si elle a été envisagée, l’idée de la détruire le bâtiment a rapidement été abandonnée, en raison du coût important et d’une logistique trop compliquée. Il faut attendre 1964 pour réentendre parler de la Base, qui va servir de décor au film Le Coup de Grâce.

 

En 1978, un festival de théâtre y aura lieu, puis différents projets voient le jour, ou restent dans les tiroirs. En 1988, une idée est à l’étude, celle d’un espace de promotion des vins de Bordeaux avec un restaurant panoramique… qui sera finalement abandonné. En 1989, un musée de la navigation de plaisance est réalisé avec des reconstitutions de bateaux, maquettes et 70 bateaux exposés. 110 000 visiteurs viendront le visiter, mais il fermera ses portes en 1997.

 

En 1998, le bâtiment est fermé au public pour travaux de réhabilitation, pour y mettre en place des normes sécuritaire d’accueil de visiteurs.

 

Il rouvre finalement en 1999, et sert depuis de lieu d’exposition, tel que nous le connaissons aujourd’hui. La Base sous-marine, chargée d’Histoire, accueille 40 000 visiteurs par an.


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