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EN IMAGES : A Bordeaux, une campagne d’affichage pour lutter contre les feminicides

“-de paroles + de moyens”, “Amour ≠ mort”… vous avez peut être croisé la route de l’un des ces messages, ont fait leur apparition sur les murs de Bordeaux la semaine dernière. Il s’agit d’une campagne pour dénoncer les feminicides. Explications. 

 

Placardées depuis une semaine sur les murs de quartiers fréquentés de Bordeaux, des affiches chocs dénoncent les féminicides :  depuis le 1er janvier 2019, 104 femmes sont mortes assassinées sous les coups de leur compagnon ou ex compagnon en France.

 

Le mouvement, né de l’initiative de Marguerite Stern, militante féministe, prend de l’ampleur dans toute la France.

© Collages Féminicides Bordeaux

Le pouvoir des mots

Ces messages, disséminés sur des murs de l’espace public, attirent l’attention grâce à des phrases simples et chocs, suivies avec soin. “Le silence tue“, “Papa a tué maman“, ou encore “Gaëlle, enceinte poignardée par son ex” peut-on lire. “Ce mouvement est populaire, l’idée est qu’il soit visible dans la rue avant tout” explique Marguerite Stern, 28 ans, à l’origine du projet.

 

Ex membre des Femens, la jeune femme a initié le mouvement à Marseille où elle vivait jusqu’alors, collant seule des affiches sur les murs de la cité phocéenne. “Je viens de déménager à Paris, et j’ai lancé un appel sur les réseaux sociaux fin août, pour trouver celles qui aimeraient coller des affiches dans les rues de la capitale. Une centaine de femmes a répondu à l’appel.

 

Dans la Capitale, ce sont 350 affiches qui ont été déposées sur les murs. Chaque soir, de nouveaux messages sont délivrés à l’adresse du public, et des institutions, pour faire réagir sur la problématique des féminicides. Marguerite Stern souhaite étendre le mouvement dans toute la France et au-delà, ce qui est déjà le cas puisque plus de 30 villes de l’hexagone ont suivi, ainsi que, pour l’heure, la Suisse et la Belgique.

Bordeaux engagée

A Bordeaux, le message est bien passé. Charlotte Monasterio, artiste photographe de 28 ans, a lancé un appel via les réseaux sociaux. Débuté le 4 septembre dernier, au lendemain du début du Grenelle des violences conjugales (concertation du gouvernement qui durera jusqu’au 25 novembre), la campagne d’affichage bordelaise réunit pour l’heure plus de 70 femmes.

 

© Collages Féminicides Bordeaux

 

Préparer les affiches puis coller, chaque soir, dans des quartiers ciblés de la métropole, telle est la mission qu’elles se sont fixées, pour dénoncer elles aussi les nombreux féminicides constatés chaque année. “Depuis le début de la campagne, il y a donc une semaine aujourd’hui, il y a eu trois féminicides supplémentaires” déplore la jeune femme.

 

© Collages Féminicides Bordeaux

Engagée depuis deux ans, la photographe dénonce régulièrement via les réseaux sociaux le harcèlement de rue. Elle récolte également les témoignages de femmes sur ce fléau.

 

Pour cette campagne d’affichage, le mouvement s’organise par quartiers, et les volontaires affluent pour l’ aider. “Elles ont entre 17 et 35 ans” raconte Charlotte. “Elles aident à concevoir les affiches, ou à coller chaque soir. Toutes sont très motivées” ajoute-t-elle. Organisée sur les réseaux sociaux, chaque ville a désormais son propre compte instagram, pour relater les lieux des collages urbains. L’idée, déployer le mouvement, et faire en sorte que le message soit entendu dans le maximum de villes en France, pour faire réagir les pouvoirs publics.