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Sans abris : pas assez d’hébergements d’urgence pour l’hiver

Le 115, numéro d’urgence destiné aux personnes sans abri et en grande difficulté sociale, a enregistré à Bordeaux, le 19 novembre dernier, 200 refus en une seule nuit.

 

Lors de la conférence de presse d’avant conseil municipal qui s’est tenue ce 20 novembre, Alexandra Siarri, 2e adjointe au maire chargée de la Ville de demain, de la cohésion sociale et du territoriale a pointé la gravité de la situation des sans abris à Bordeaux.

L’hiver et ses températures difficiles ne va pas améliorer l’accueil de populations vulnérables, dans une métropole qui peine parfois à les recueillir.

Plan hiver

Comme chaque année, Bordeaux a lancé début novembre son “plan hiver” qui doit permettre d’assurer, 5 mois durant, la coordination des actions d’hébergement, d’urgence sociale et de santé des personnes vivant à la rue. Cette année, ce plan comprend 163 places d’hébergement d’urgence et la mobilisation de 120 places supplémentaires en Gironde “qui pourront être ouvertes dans des gymnases ou des salles communales en cas de grand froid, soit autant que l’an dernier sur la même période” d’après la préfecture. Et d’ajouter, “ces 843 places temporaires s’ajoutent aux 2933 places d’hébergement d’urgence ouvertes de manière pérenne en Nouvelle-Aquitaine (1127 en Gironde) ce qui porte le parc d’hébergement d’urgence à un niveau jamais atteint de 3776 places pour la période hivernale.  Sur la même période, le parc total d’hébergement (urgence, insertion, stabilisation) s’élève à 6186 places pour la région Nouvelle-Aquitaine, dont 1909 pour la Gironde.

Pourtant, selon une information de Rue89 Bordeaux, la plateforme du 115, qui reçoit en cette période entre 250 et 300 appels par jour, “ne peut attribuer que 5 à 20 places dans les centres et foyers, déjà tous complets, qui accueillent des publics très divers (sans abris, femmes victimes de violences conjugales, demandeurs d’asile…).

Alexandra Siarri l’a pointé du doigt en amont du conseil municipal, 200 refus ont été enregistrés le 19 novembre dernier par la plateforme d’urgence. Tout en appuyant la gravité de la situation.

Quelles solutions ?

D’après la préfecture, “l’an dernier, plus de 3,7 M€ ont été mobilisés dans le cadre du plan hiver pour augmenter le nombre de places d’accueil, repérer les personnes à la rue et accompagner les personnes les plus fragiles.” Tout en ajoutant que “l’État va poursuivre ses efforts en lien étroit des collectivités et des associations pour proposer des solutions d’hébergement et de logement adaptées à chacun. Un suivi quotidien des prévisions météorologiques permettra aux préfets d’adapter la réponse aux besoins de protection de la population.

 

Lors de la séance du 20 novembre, Alexandra Siarri a également soutenu son “pacte de cohésion sociale” avec la proposition de douches mobiles. Un camping-car pourra, d’ici la fin d’année 2019 ou début 2020, proposer à ceux qui ne fréquentent pas les lieux d’accueil de jour des kits d’hygiène, des vêtements de change et un espace d’écoute. A l’image du projet parisien du “Mobil’douche”, Bordeaux souhaite mettre en place un processus similaire, pour non seulement permettre aux sans-abris de rester propres, mais aussi de leur offrir un lieu d’échange. Une opération financée par la Ville de Bordeaux, mais aussi la métropole, une fondation et les fonds propres de la Croix-Rouge.