Home / Actualités  / Crise hospitalière : des médecins ont signé leur démission au CHU de Bordeaux

Crise hospitalière : des médecins ont signé leur démission au CHU de Bordeaux

Plus de 1 000 médecins de toute la France ont signé leur démission administrative ce 13 janvier. Parmi eux, une trentaine du CHU de Bordeaux menacent également d’abandonner leurs fonctions administratives. 

 

Le “plan d’urgence” annoncé le 20 novembre dernier par Edouard Philippe et la ministre de la santé Agnès Buzyn, dont l’aide supplémentaire de 300 millions d’euros débloquée pour 2020 n’auront pas convaincu les médecins. Pour développer leurs arguments, ils ont signé une lettre adressée à la ministre de la santé et publiée dans le quotidien Libération. Sont concernés près de 1 200 médecins hospitaliers, dont 600 chefs de service et 470 responsables d’unités de la France entière.

Longue mobilisation des hôpitaux

Depuis mars dernier, une importante mobilisation est menée dans les hôpitaux de l’Hexagone. Les revendications majeures concernent le manque d’effectifs et de moyens relevés dans les hôpitaux publics. Les syndicats mettent également en avant “la pénibilité” de leurs métiers, et ont ainsi rejoint en décembre dernier les manifestations contre la réforme du régime de retraite. Ils demandent la hausse de leurs effectifs pour faire face à un nombre toujours croissant de patients. Mais aussi la hausse des moyens, avec une augmentation des rémunérations demandée de 300 euros net par mois. La fermeture de services et des lits a également été pointé du doigt.

 

Pour répondre à ces différents points, le gouvernement a annoncé “un plan d’urgence” destiné sauver à l’hôpital public. Celui-ci propose par exemple une prime annuelle de 800 euros nets attribuée à quelque 40.000 infirmiers et aides-soignants vivant à Paris et sa proche banlieue et gagnant moins de 1.900 euros par mois. Ou encore une aide d’1,5 milliard d’euros sur trois ans, dont 300 millions dès 2020 destinée aux hôpitaux.

Démission massive

Ces propositions n’ont pas suffi à calmer la colère des hôpitaux. Médecins hospitaliers, chefs de service et responsables d’unités avaient menacé la ministre de la santé Agnès Buzyn de démissionner. Ils sont passés à l’acte ce 13 janvier, en envoyant ce courrier à la ministre concernée. S’ils vont continuer à assurer les soins, ils sont déterminés à cesser leurs fonctions d’encadrement qui comprend de nombreuses tâches administratives. Celles-ci permettent le bon fonctionnement de l’hôpital, et toute son organisation.

 

Au CHU de Bordeaux, une trentaine de médecins ont eux aussi signé  ce courrier, ils comptent aller jusqu’au bout de leur démarche. L’hôpital Pellegrin avait, une fois encore, été désigné meilleur hôpital public de France en août dernier dans le classement de l’hebdomadaire Le Point.