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Quel avenir pour la Villa Shamengo ?

La Villa Shamengo, une “maison-école-laboratoire” est en projet dans le quartier de la Bastide à Bordeaux. Mais verra-t-elle le jour ? C’est la question posée par la décision de justice du 3 janvier dernier qui a suspendu ses travaux. L’association, bien décidée à ne pas abandonner le projet, a lancé une pétition ce 4 février pour qu’ils puissent reprendre. 

 

Derrière ce projet, il y a Catherine Berthillier. Cette grande reporter  télé a créé en 2011 la plateforme collaborative Shamengo, dont le nom fusionne les mots Shaman (celui qui passe d’un monde à l’autre ) Men (la communauté humaine qui nous caractérise) et Go (allons de l’avant). Ce site répertorie et met en valeur les initiatives d’entrepreneurs et de particuliers qui, via leurs actions, participent à la construction d’une société plus vertueuse pour les hommes et l’environnement.

 

Une initiative qui doit se concrétiser physiquement sous les traits d’une villa implantée sur la rive droite bordelaise.  Un bâtiment, “sorte de maison expérimentale”, entièrement autonome en énergie. Ouverte au grand public, elle a l’ambition de faire étalage des progrès faits dans le domaine de l’habitat et de l’écologie,  à l’image des douches qui économisent 80 % d’eau ou des toilettes sans eau et sans sciure, par exemple.

 

Une vingtaine de résidents volontaires devaient y vivre par tranche de 6 mois, afin d’expérimenter ce lieu de vie, totalement inédit en France.

Les riverains font barrage au projet

Mais c’était sans compter sur le mécontentement des riverains ! Réunis dans “l’association pour la conservation et la promotion des espaces libres de la Bastide” (ACPEL), ils ont lancé une pétition pour dénoncer le projet. Une tribune qui a récolté à ce jour plus de 800 signatures. Leurs arguments, “le quartier de La Bastide connaît un développement très important avec de nombreux chantiers et beaucoup de constructions. Ces constructions vont entraîner un doublement de la population du quartier d’ici quelques années. Face à cette situation les espaces verts et les espaces publics, qui sont à la disposition de toutes celles et de tous ceux qui vivent et travaillent à La Bastide, ont encore plus d’importance. L’allée Serr qui offre une belle perspective sur la Garonne et la rive gauche fait partie de ces espaces publics particulièrement appréciés des habitants et des passants. Bordeaux Métropole veut amputer l’allée Serr de 1.764 m2 pour autoriser une association parisienne et un groupe immobilier à y construire un bâtiment au motif très surprenant qu’il n’y aurait pas d’autres terrains disponibles à Bordeaux !

 

Début janvier, le tribunal administratif a tranché, en décidant de suspendre les travaux, au motif de la légitimité d’un projet privé sur une emprise publique, normalement inconstructible. Certaines irrégularités ont été relevées par la justice bordelaise dans le permis de construire.

Une pétition pour sauver Shamengo

Mais Shamengo ne compte pas abandonner son projet. Le 4 février dernier, l’association a à son tour lancé une pétition pour défendre le plan. “Projet associatif d’intérêt général, la Villa Shamengo qui rassemblera sous un même toit plus de 150 innovations écologiques et sociétales à la fois locales, nationales et internationales, a pour vocation de former à l’éco-citoyenneté et aux métiers du futur. Ce démonstrateur unique au monde, financé par des partenaires publics et privés, est prévu pour une durée de 5 ans à Bordeaux avant de s’installer dans d’autres villes. Il est éco-construit sous forme de chantier participatif depuis octobre 2019” peut-on lire sur le site de la pétition.

 

L’organisation déplore le manque d’engagement des riverains en faveur du projet. “C’était malheureusement sans compter l’opposition de riverains de l’Allée Serr où est implantée la Villa, considérant que le projet n’avait pas sa place à cet endroit. « Ok pour changer le monde, mais pas en bas de chez moi ! ». Faisant valoir des failles dans le dépôt de notre permis de construire, ils ont obtenu début janvier la suspension des travaux de la Villa par le Tribunal administratif de Bordeaux.” La suite, le dépôt “dans les meilleurs délais” d’un “permis de construire modificatif” avec l’objectif de mener à bien cette opération “pour faire parler l’intérêt collectif, le changement, l’innovation et l’audace !