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Au Taillan Médoc, bras de fer entre le département et les associations de défense de l’environnement

Un projet de déviation au Taillan Médoc est au coeur d’un débat entre le département de Gironde et plusieurs associations de défense de l’environnement. L’audience du référé-suspension demandé par Natur’Jalles et France Nature Environnement (FNE) a eu lieu ce 12 février, le tribunal de Bordeaux doit rendre son verdict lundi 17 février. Les travaux pourraient reprendre, ou être suspendus selon la décision de justice.

 

La déviation du Taillan Médoc est un projet vieux de plus de 37 ans. Cette route de 8 km qui doit dévier les véhicules du centre-ville de la commune, (22000 véhicules, dont 1500 camions / jour) menace, selon les associations, de nombreuses espèces végétales et animales dont 100  protégées. Le dernier arrêté signé en septembre dernier par la préfète de Gironde Fabienne Buccio autorise les travaux. Les deux associations ont déposé un référé-suspension et un recours devant le tribunal de Bordeaux, qui a été examiné ce mercredi 12 février. Verdict lundi prochain. 

Clap de fin ?

Si les travaux de cette déviation avaient débuté en 2015, ils furent arrêtés en 2016 par la justice administrative. Ils auraient en effet détruits 79 espèces protégées sur le site, et en particulier un papillon, l’azuré de la sanguisorbe, dont l’un des deux seuls habitats de la région se trouve sur le tracé de la route. Mais en septembre dernier, le Conseil National de la Protection de la Nature (CNPN) avait finalement donné son feu vert au projet, et la reprise des travaux. Les associations FNE et Natur’Jalles, opposés au projet, ont alors déposé un référé-suspension et un recours devant le tribunal de Bordeaux. Selon elles, cette déviation menace 100 protégées et fait peser un risque de pollution sur la nappe phréatique qui alimente en eau potable, près d’un quart de Bordeaux et sa métropole. Plus encore, la déviation encouragerait l’urbanisation de la zone, au lieu de protéger une zone naturelle. 

 

Porté et financé par le département de Gironde, ce projet de 23 millions d’euros attribuerait, selon le département, 20% à des mesures de compensation et de préservation des milieux. Mais cet argument ne convainc pas les associations, qui souhaitent voir le projet annulé. Le groupe local Extinction Rébellion a pris part au combat pour appuyer les deux associations, et organisé, le 2 février dernier, un rassemblement à Saint-Aubin pour faire barrage au projet. 

 

Ils étaient également tous rassemblés ce mercredi 12 fevrier, sur le parvis des droit de l’Homme, pour afficher leur détermination à combattre ce projet de déviation, qualifiée d’écocidaire.

 


CM