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Que faut-il retenir de la première réunion publique du CHU de Bordeaux sur le coronavirus ?

Organisée ce 25 février par Sud Ouest et le CHU de Bordeaux, une première réunion publique a convié les citoyens à venir s’informer et poser des questions sur le virus. 

 

L’inquiétude grandit concernant l’épidémie de Coronavirus, tandis que trois nouveaux cas ont été détectés en France, et l’un d’eux est mort dans la nuit du 25 au 26 février a annoncé ce mercredi le ministère de la santé. Il est le premier français mort depuis le début de l’épidémie, après le décès d’un Chinois âgé de 80 ans à la mi-février à Paris. En Italie, la maladie se propage à vitesse grand V, avec plus de 320 cas déclarés et 10 morts. Pour répondre aux interrogations de la population bordelaise, une réunion publique inédite était organisée par Sud Ouest et le Pr Denis Malvy, qui dirige le service des maladies tropicales, infectieuses et émergentes du CHU de Bordeaux. Voici ce qu’il faut en retenir.

Les précautions à prendre

Le ministère des solidarités et de la santé a édité de nouvelles recommandations ce lundi 24 février, et mis en place une plateforme téléphonique d’information “Nouveau coronavirus”. Accessible au 0800 130 000 (appel gratuit depuis un poste fixe en France, 7 jours sur 7, de 9 h à 19 h) ce numéro permet d’obtenir des informations sur le COVID-19 et des conseils si vous avez voyagé dans une zone où circule le virus ou côtoyé des personnes qui y ont circulé. En outre, les précautions d’usage sont de mise, comme le lavage des mains, d’éviter tout contact avec des personnes fragiles (femmes enceintes, personnes âgées) et de surveiller l’apparition de symptômes (fièvre, toux, difficultés à respirer…). Qui plus est, les voyageurs revenant d’une zone où circule activement le virus sont donc invités à des précautions supplémentaires. Ces derniers sont invités à porter un masque chirurgical à l’extérieur ou en cas de contact avec d’autres personnes, et de privilégier dans la mesure du possible, le télétravail.

 

En cas de fièvre ou sensation de fièvre, toux, dans les 14 jours suivant le retour, il est recommandé de ne pas se rendre directement aux urgences de l’hôpital, ni chez le médecin mais de contacter rapidement le SAMU Centre 15 en signalant le voyage.

Plusieurs scénarios possibles

Comme l’a souligné Michel Laforcade, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS), “plusieurs scénarios sont possibles. Parmi ces scénarios il y a l’hypothèse d’une épidémie, et donc nous pensons que ce qui est important c’est que le système de santé se prépare sereinement à l’éventualité de cette épidémie, et chemin faisant améliore chaque jour la qualité de son offre de services.” Le directeur du CHU, Yann Bubien a ajouté être “en lien en permanence avec le ministère des solidarités et de la santé on a des discussions permanentes depuis le début de cette crise du coronavirus. On est prêts au CHU de Bordeaux, on a des spécialistes, des équipes formées, la possibilité de s’organiser en interne, et on travaille avec toute la région Nouvelle-Aquitaine, on s’organise avec tous les hôpitaux aux cas où on aurait une épidémie.” Tous les matins, une cellule de crise se réunit pour analyser la situation, prête à ouvrir des lits. Le CHU dispose également du test qui permet de savoir si un patient est infecté.

Les hôpitaux mobilisés

En plus des 25 lits dédiés aux patients atteints du coronavirus, une unité de prise en charge ambulatoire a également été ouverte en supplément de manière exceptionnelle. Cette capacité d’accueil pourrait donc être multipliée par trois en mobilisant certaines ailes de l’hôpital Pellegrin. “ Nous demandons à la totalité des hôpitaux, notamment les hôpitaux de proximité, de se préparer à augmenter leurs capacités afin de recevoir les patients si jamais les capacités des CHU étaient dépassées “, a développé Michel Laforcade. Car aux côtés du CHU de Pellegrin, 3 autres centres hospitaliers se sont mobilisés depuis le premier patient bordelais, et 14 au total le seront sur toute la Nouvelle-Aquitaine. 

Fermeture des frontières ?

Tandis que fait débat le déplacement de 3000 supporters turinois à Lyon pour le match OL-Juventus du 27 février, le Pr Malvy a cependant précisé l’inutilité de la fermeture des frontières pour contenir l’épidémie. “La Lombardie, la Vénétie et l’Emilie Romagne ont déjà vécu le chikungunya, ont une expérience et on voit bien que la fermeture des frontières ne renvoie à rien. Les frontières sont absolument caduques quand il s’agit de prévenir une transmission virale” comme cela a été le cas par exemple en Chine.