Bassin a flots n°2 : Cap sur la modernité !

Le quartier des bassins à flot entame sa mue ! Les engins de chantiers ont en effet pris la direction du bassin n° 2 entre la place Pertuis et la place Latule, à la rentrée 2018. C’est le tandem Fayat Immobilier et Pitch Promotion qui a remporté ce lot, avec un projet de commerces, de bureaux et d’un multiplexe de 13 salles de cinéma, baptisé Quai des Caps. Ce dernier prendra ses quartiers sur les 900 mètres qui longent le port de plaisance.

Jusqu’au mois de juillet dernier de vastes hangars bordaient la rue Lucien fort, aux abords des bassins. Des constructions du 19e siècle, certes peu remarquables sur le plan architectural, mais auxquelles les graffeurs de passage avaient conféré un esprit « arty ». Cette période est révolue. Au début de l’été dernier, les pelleteuses ont eu raison des derniers stigmates du passé industriel du quartier, laissant les flancs du bassins n°2 en friche. La raison ? Un plan urbanistique, joliment baptisé Quai des Caps, qui devrait sortir de terre d’ici deux ans.

La genèse

Ce projet fait suite à un appel d’offre lancé par le Grand Port de Bordeaux et la Ville de Bordeaux au début des années 2010. Dans le viseur : l’aménagement des quais situés sur les pourtours du bassin n°1 et du bassin n°2. Pitch promotion et Fayat Immobilier présentent alors un ambitieux programme pour l’ensemble des quais. Seuls les plans pour le bassin n°2 ont été retenus par le GPMB et la métropole. Nous sommes en 2012.

Le groupement propose à la ville de déployer sur les 35 000 m2 de plancher un lot de bureaux, de commerces, un silo de parking, et un cinéma multiplexe né d’un partenariat avec UGC. Depuis, un hôtel est venu se greffer au projet. “Notre boulot a ensuite été de donner une réalité architecturale au projet”, se rappelle Pascal Crambes, Directeur du développement Groupe de Pitch promotion . Triés sur le volet, les architectes se sont vus attribuer les lots. Les cabinets, parisiens en majorité, ont ensuite dû adapter leurs créations architecturales aux désirs des utilisateurs déjà ciblés, comme l’UGC ou B&B, et se conformer aux attentes de la commission, composée du Grand Port de Bordeaux, de la Ville, et de l’architecte en chef de la nouvelle zone d’aménagement des « Bassins Flot », Nicolas Michelin.

Seul écueil rencontré par le tandem Pitch/Fayat: les attaques dont a fait l’objet l’autorisation d’exploitation du cinéma. « Cinq requérants ont saisi le médiateur, puis les magistrats de la cour d’appel. Nous avons été au bout de la démarche juridique, qui a duré deux ans. Nous l’avons gagné à chaque fois, preuve que l’installation d’un grand cinéma sonne comme une évidence pour toutes les commissions qui l’ont regardé », insiste Monsieur Crambes. Purgé de tous recours, l’immense multiplexe de 13 salles et 2400 fauteuils, est donc de nouveau sur les rails. Il prendra la place du H21.

Bureaux, restos et commerces

Sur la forme, le projet se déploie sur 4 bâtiments, portant chacun le nom d’un… Cap – Bonne-Espérance, Horn, Comorin et Leeuwin. Deux espaces seront d’ailleurs dévolus à l’accueil touristique, à l’image de l’hôtel de 120 chambres, confié au groupe français B&B. Un second bâtiment, accueillera une résidence hôtelière à vocation sociale de 130 chambres.

Si Indigo a déjà signé le contrat d’exploitation des parkings – 420 places au total -, des restaurants comme « IT Trattoria » et « Au Bureau », sont en cours de négociation pour venir occuper une place de choix, sous le cinéma. “Nous avons dû choisir sur une liste d’une vingtaine de belles enseignes qui souhaitent s’intégrer au projet, nous ne manquons pas de postulants”, souligne Pascal Crambes. Les équipes de Pitch promotion réfléchissent également à l’implantation de boutiques d’équipement de la maison, de la personne, et de services pour les bureaux. Pour cause, le Quai des Caps offre 16 000m2 aux entreprises. À l’étude également, l’installation d’un supermarché sur le 2000 m2 de vente restante.

Le chantier a commencé en octobre dernier, par le cap Leeuwin. Il devrait s’achever dans un peu plus d’un an, en juin 2020, date à laquelle l’hôtel doit être livré à l’opérateur. Les Bordelais devront, en revanche attendre la fin de l’année 2020 pour profiter d’un dîner face au port de plaisance.


Loraine Dion

Visuels : Fayat