Des mesures d’urgence déclarées pour protéger l’érosion de la pointe du Cap-Ferret

Le CEREMA, Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement a rendu son verdict alarmant : le réchauffement climatique a accéléré le phénomène d’érosion à la pointe du Cap-Ferret. l’Etat veut accélérer la prise de conscience et essayer de retarder les conséquences désastreuses sur ce lieu hautement fréquenté.

Un littoral prisé en danger

La plage océan à la pointe du Cap-Ferret est un lieu adulé par les badauds dès que les beaux jours font leur arrivée dans la région. Le restaurant « Chez Hortense » est une institution sur la presque-île, avec son cadre idyllique en bord de mer. Pourtant, le CEREMA a été clair sur les risques de cette zone privilégiée : « Le maintien du trait de côte à la pointe paraît très hypothétique à court ou moyen terme, et la stabilité des ouvrages ne peut être garantie avec des risques d’effondrement brutal non prévisibles. » Ce petit coin de paradis ne sera bientôt plus accessible à tous ceux qui aiment pourtant s’y balader. Les conséquences du réchauffement climatique sont importantes, et il est désormais grand temps de prendre des mesures drastiques pour tenter de stopper l’avancée du phénomène.

Des mesures demandées par la préfecture

Le rapport du CEREMA a été clair, il est désormais temps d’agir. Le préfet de Gironde a donc décidé de mettre en place des mesures importantes pour y remédier.

Tout d’abord, d’interdire dès aujourd’hui la déambulation sur cette zone à risque depuis le restaurant « Chez Hortense » jusqu’à la pointe, et d’en fermer les accès. Puis de mettre en place « sous trois mois » un plan de gestion de crise de cette zone et ses 44 hectares pour anticiper « les risques de brèche et d’effondrement brutal des ouvrages ».

Il est également prévu de revoir la stratégie de recharge de la plage et de la dune jusqu’à la pointe pour pallier à l’érosion dunaire. Mais aussi de “lancer, d’ici 6 mois, l’étude de recomposition spatiale prévue dans sa stratégie locale, afin d’actualiser cette stratégie d’ici fin 2020″ pour tenter de trouver une solution durable à cette problématique environnementale grave.

Enfin, et ce n’est pas le plus rassurant, de mettre en place des procédures d’évacuation d’urgence pour tous les habitants du secteur, qui doivent impérativement être informés rapidement.

La côte atlantique menacée par le réchauffement climatique

La pointe du Cap-ferret n’est pas l’unique zone en danger de la Gironde. Les successions de tempêtes hivernales ont mis en péril la dune du Pyla, qui a reculé vers la forêt, mais aussi sous l’effet de l’érosion marine. Au printemps 2018, les mesures effectuées par l’Observatoire de la Côte Aquitaine ont été sans appel, la dune a baissé de 4 mètres par rapport à l’année précédente, passante de 106,6 mètres contre 110,5 mètres.

La plage du Petit Nice, qui offre un magnifique panorama, est surveillée de près, tout comme l’ensemble des plages de Gironde.

S’il n’est pas nouveau que le réchauffement climatique crée de graves dommages sur notre belle côte atlantique, le phénomène semble pourtant s’accélérer depuis quelques années. Les mesures s’imposent désormais pour prendre soin de ce patrimoine si cher aux girondin, et adulé par les touristes.