Interdiction de manifester à Pey Berland, et après?

Suite aux violences des dernières manifestations des « gilets jaunes », particulièrement à Paris, le premier Ministre Edouard Philippe a annoncé plusieurs mesures ce lundi, dont l’interdiction de manifester place Pey Berland à Bordeaux, et le départ du préfet de Gironde Didier Lallement pour Paris.

Un samedi marqué par des actes violents

Au moment où s’achève le Grand Débat National, le mouvement des « gilets jaunes » a voulu prouver sa détermination. 32 000 personnes ont été dénombrées partout en France (230 766 selon le décompte des « gilets jaunes »), contre 28 600 la semaine précédente.

Cette journée de mobilisation a été marquée par de nombreuses scènes de violences, en particulier à Paris, où 60 blessés et 192 interpellations ont été dénombrés. Boutiques vandalisées et pillées, dont le restaurant le Fouquet’s entièrement ravagé sur les Champs Elysées, kiosques à journaux et voitures en flammes, agences bancaires saccagées (dont l’une incendiée a mis en péril l’immeuble où le feu est monté dans les habitations des étages supérieurs)… A Bordeaux, une agence de la Société Générale a été saccagée près de la gare, et des échanges entre manifestants et forces de l’ordre ont éclaté en milieu d’après-midi. 25 interpellations ont eu lieu.

A l’issue de cette journée, le gouvernement s’est exprimé. Il souhaite désormais faire passer un message fort, celui de la fermeté.

Des mesures énoncées par le gouvernement

Le premier ministre Edouard Philippe l’a annoncé hier : le préfet de police de la préfecture de Paris, Michel Delpuech sera relevé de ses fonctions demain. Un message envoyé par l’exécutif, qui souhaite montrer sa fermeté face à la « faiblesse » du gouvernement dénoncée par l’opposition en marge de la manifestation de samedi. Pour le remplacer, Didier Lallement, préfet de Gironde, a été nommé. Pour l’heure, aucun nom n’a été annoncé pour lui succéder, à quelques jours de l’acte XIX des « gilets jaunes ».

Autre mesure forte et non moins symbolique annoncée par le gouvernement, l’interdiction de manifester dans plusieurs lieux sensibles, tel que les Champs-Elysée à Paris, la place du Capitole à Toulouse et la place Pey Berland à Bordeaux. « Dès samedi prochain, nous interdirons les manifestations se revendiquant des gilets jaunes dans les quartiers les plus touchés dès lors que nous aurons connaissance de la présence des ultras et de leur volonté de casser » a énoncé le premier ministre. Pour ce faire, de nouveaux moyens seront donnés aux forces de l’ordre, comme des drônes. L’usage des lanceurs de balles de défense (LBD) ne sera plus freinée : « Les polémiques sur l’usage des LBD ont conduit à ce que des consignes inappropriées soient passées pour réduire leur usage » a expliqué le chef du gouvernement. Les attroupements seront dispersés immédiatement, et Edouard Philippe l’a précisé lors du journal télévisé de France 2 de 20h hier, « Si nous avons une stratégie qui permet aux forces de l’ordre d’être plus mobiles, d’être plus dynamiques, d’être plus fermes, il y a plus de risques ».

Le montant de la contravention encourue pour toute participation à une manifestation interdite passera de 38 euros à 135 euros.

Du côté des militants, une nouvelle journée de mobilisation s’organise samedi, tandis qu’environ 5000 personnes ont défilé aujourd’hui dans les rues de Bordeaux, dans le cadre d’un appel intersyndical pour dénoncer la politique « antisociale » du gouvernement.


Photographie prise lors de la manifestation des « gilets jaunes » à Bordeaux samedi 12 janvier 2018.