Plastic Odyssey : le premier bateau qui carbure… au plastique !

Des déchets plastiques transformés en carburant ? C’est le projet un peu fou de Simon Bernard et de son acolyte Alexandre Dechelotte, dont le siège social se trouve actuellement à Darwin.
À bord d’un catamaran baptisé «Plastic Odyssey», ces ingénieurs ambitionnent de réaliser un tour du monde uniquement alimenté par du plastique.

Les chiffres sont édifiants. 10 millions de tonnes de déchets plastiques viennent polluer nos mers chaque année. À ce rythme, les scientifiques prédisent qu’en 2050 il y aura plus de plastique dans l’océan que de poissons. Pire encore, les déchets  flottants ne représentent que la partie émergée de la pollution. 99% de ces sacs, bouteilles, filets et autres formes d’emballages se décomposent en micro-particules, souillant la faune et la flore marine.
Partis de ce constat, Simon Bernard, ingénieur et officier de marine marchande, et son copain de promotion Alexandre Dechelotte, ont cherché un moyen de réutiliser  ces déchets de façon intelligente.

Plastic Odyssey

Après deux ans à naviguer autour du monde, Simon fait un triste constat :  où qu’il se trouve, sur la planète, le plastique est là, dans les villes, sur les côtes et dans les océans. Amoureux de la mer, il imagine alors un bateau qui ferait le tour du globe, propulsé uniquement grâce aux déchets plastiques. Le projet Plastic Odyssey est né !

Le fonctionnement

La formule, déjà utilisée par des grandes firmes américaines, s’avère relativement simple et peu énergivore. Baptisée pyrolyse plastique, elle permet de produire un litre de carburant avec un kilo de plastique. Comment ? Voici les 6 étapes, clairement détaillées par l’équipe :

1ère : Le broyage du plastique. Les déchets sont versés dans un broyeur pour y être découpés en petits morceaux.
2ème : La pyrolyse. Les morceaux sont chauffés à 430°C, sans oxygène, puis décomposés pour obtenir plusieurs éléments : des vapeurs d’essence, des gaz de synthèse et du noir de carbone.
3ème : La catalyse. Les grosses molécules sont cassées en plus petites afin d’obtenir plus de carburant.
4ème : La condensation fractionnée. Le diesel et l’essence sont séparés puis récupérés à travers deux colonnes de condensation.
5ème : Collection des liquides. Les deux carburants obtenus sont récupérés dans deux réservoirs différents.
6ème et dernière : Récupération des gaz de synthèse et usage. Les gaz non condensables inflammables qui ne sont pas liquéfiés sont également récupérés. Ils sont mélangés à l’air et brûlés, ce qui permet d’alimenter en chaleur le réacteur de pyrolyse.

Un bateau unique

Pour aller prêcher la bonne parole à travers le monde, l’équipe va donc embarquer à bord d’un catamaran de 25 mètres propulsé uniquement grâce à du plastique. À chaque escale, l’équipage collectera les déchets qui lui permettront de rejoindre l’ étape suivante. Ils ambitionnent de partir à la fin de l’année 2019, pour un voyage de 3 ans qui comptera 33 escales principales.

En attendant le grand départ, l’équipe de Plastic Odyssey planche sur un démonstrateur, Ulysse de son petit nom, actuellement en chantier à Concarneau. Avec ce prototype, ils projettent de faire le tour de France cet été, avec, cerise sur le gateau, un passage à Bordeaux.


LD