Qui est Vincent Richeux, artiste à l’origine du scrabble géant sur un blockhaus girondin ?

Street artiste girondin, Vincent Richeux a recouvert d’un scrabble géant et coloré, un blockhaus installé sur la plage de Montalivet (Gironde).

Il a 44 ans et toujours un bel esprit d’enfant. Mais rien, dans sa brillante scolarité, ne prédestinait Vincent Richeux à une carrière artistique. Passé par le lycée Gustave Eiffel à Bordeaux, puis prépa HEC ce natif de Soulac-sur-mer intègre ensuite l’école supérieure de commerce de la Rochelle. “Je suis un pur produit du système éducatif français“, ironise le quadra. Un parcours universitaire qui lui ouvre les portes de prestigieux châteaux viticoles, où il occupera, 5 ans durant, le poste de chargé de communication, et dessinera au passage quelques étiquettes.

Nouvelle vie

A 27 ans, c’est la rupture. ” On appelait pas ça un burn-out à l’époque, mais je n’en étais pas loin“, note-t-il. Loin des boulots de bureau, sa vie professionnelle sera désormais dédiée à la peinture. Il se frotte alors à un marché, celui de l’art, qui répond au mêmes logiques économiques que les autres. Réseautage, communication et promotion de ses œuvres… La tâche ne sera pas aisée. “Mais il faut bien commencer quelque part !”, s’amuse Vincent Richeux, qui vend alors quelques toiles à des amis. Et le bouche à oreille opère.  Il accède progressivement aux salons régionaux, puis aux galeries, plus prestigieuses. Aujourd’hui, il peut se targuer d’avoir exposé à Genève, Londres, ou encore Bruxelles. Bref, il vit correctement de son art.

Partie de scrabble

A tel point qu’il assouvit l’un de ses rêves : acquérir une maison en bord de mer. Un lieu de villégiature situé à Montalivet, où il emmène régulièrement sa famille en vacances. C’est d’ailleurs lors d’une de ces périodes, les congés de février précisément, qu’il profitera d’une météo clémente pour amener ses deux garçons à la plage.

Alors qu’il retrouve un vieux blockhaus qu’il tague, à chacun de ses passages, lui vient un mot, “MONTA”, comme le diminutif de la ville. Il émaille  l’amas de béton, de lettres colorées.. Puis viennent BEACH, OCEAN… et c’est finalement tout un scrabble que le street-artist dessine sur ce vestige de la seconde guerre mondiale.

La suite, il la raconte amusé “j’ai posté le cliché sur les réseaux sociaux, en demandant aux internautes ce qu’ils voulaient voir apparaître sur la grille. J’ai été très surpris du nombre de gens qui se sont pris au jeu, en me proposant des mots, du farfelu au plus poétique.

Inattendu, le succès de l’oeuvre participative lui a donné envie d’exporter le concept sur d’autres supports. Mobilier urbain, poubelle, façade… tout est envisageable désormais !


Loraine Dion

Photos : Greg Bronard